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Jean-François Gallotte et moi travaillons ensemble depuis plusieurs années et j'aime bien écrire avec lui, bien que pour moi, un scénario est avant tout un OUTIL DE TRAVAIL au service du réalisateur.
Donc lorsque nous décidons décide d'écrire un scénario-outil de travail la première chose que nous faisons c'est de vérifier notre boîte à outils.
Nous en avons chacun une.

Celle de Jean-François est « basique » comme il dit :
Avec un bon tournevis isolant sur lequel on peut mettre différents embouts (plats, cruciformes, ... ), une boîte d'embouts différents, un marteau moyen, une pince à usage multiples (dont coupante), une clé à molette, un mètre, une série de clés plates et à œil, une perceuse visseuse sur batterie avec quelques mèches à bois, béton et métal les plus courantes, une scie sauteuse, un appareil type dremel (nombreux usages ! ), et une scie circulaire (on ne sait jamais avec tous ces conseils ou règles qui régissent l'écriture d'un scénario).

Ma boîte à outil, idéale, fait : 60 cm de long, 50 cm de large et 60 cm de haut. J'ai dedans tout ce qu'une personne peut tenir dans une main.
Tournevis, court, moyen et long avec toutes les sortes de têtes aimantées : plate, cruciforme, carrée, en étoile. Une petite et grande clef à cliquet avec toutes les douilles anglaise et métrique. L'indispensable pied à coulisse au 20e de mm. Petit et grand niveau à bulle.
Jeu complet de clef à laine et clef plate. Différents types de marteaux. Jeu complet de forets.
Perceuse métal et percussion avec extension. Jeu complet d'emporte -pièce pour le bois.
Assortiment varié de limes tant en grosseur qu'en forme. Riveteuse à main et assortiment de rivets, rondelles. Un petit rabot, une râpe, différents ciseaux à bois. Une équerre coulissante et une variable, plusieurs mètres à mesurer (règles).

Mais à quoi sert une boîte à outils ?
Dans un scénario, la narration doit principalement être descriptive. Il est ainsi absolument interdit de décrire les pensées ou émotions de ceux-ci (contrairement à ce qu'on pourrait faire dans un roman).
Par exemple, on n'écrira pas : « le héros est pressé car il est en retard »,
Mais « le héros semble préoccupé, il marche à vive allure et regarde sans cesse sa montre ».
On voit tout de suite à, quoi servent les outils : couper, scier, mesurer, viser…
De manière pragmatique, ce style dépouille permet de suggérer dès le scénario une certaine mise en scène :
"Le héros semble préoccupé" : on peut imaginer un gros plan sur son ? (à vous de choisir)
"Il regarde sans cesse sa montre" : on pourra choisir par exemple un plan sur ? (à vous de choisir).
Pour moi, le scénario est un cadre ou un filet de sécurité fabriqué avec et sous la direction du réalisateur que le tournage peut, voire, doit transformer.

PS : Il est à noté que même Aurélie Martin et Charlotte Sohm qui ont participé au scénario sont arrivées avec des outils complémentaires :

Des pansements
Une lampe torche et une petite lampe de poche.
Une tenaille russe
Un échafaudage
Et des bières.

 

Ireine Sohm
Scénariste